Après confinement: les forces vives et politiques se mettent en ordre de marche

 

Alors que le pays tout entier était dans l’attente des décisions du Conseil national de Sécurité de ce vendredi 24 avril, forces vives et politiques se mettaient déjà en ordre marche pour gérer l’après confinement et la reprise progressive des activités en Wallonie picarde.

Qu’elles se nomment « Un plan de relance à 360° pour la Wallonie picarde » ou « Une idée au carré pour améliorer la Wallonie picarde », les réflexions initiées par le Conseil de développement et la Conférence des Bourgmestres et élus territoriaux poursuivent une seule et même ambition : imaginer la Wallonie picarde de demain. Une Wallonie picarde qui, quoi qu’on en dise ne sera plus jamais la même tant la crise sanitaire que nous vivons actuellement remet en cause nos habitudes, nos comportements et nos modes de fonctionnement.

Véritable fléau, le Covid-19 remet en question l’organisation sanitaire des structures de soins et d’accueil, met en péril l’activité économique des entreprises et par là même, la situation des travailleurs, place le secteur culturel en souffrance et bouscule le monde de l’enseignement, de l’aide aux personnes démunies, les services publics, …
Organisées par vidéoconférence, confinement oblige, les discussions du Bureau de Conseil de développement et de la Conférence des Bourgmestres et élus territoriaux de Wallonie picarde ont fait émerger un certain nombre de thématiques clés à propos desquelles les membres sont disposés à faire converger leurs efforts.

La réponse aux besoins du secteur de la santé
A ce stade, trois principaux points d’attention ont été évoqués :
1. La mobilité
Nombre d’institutions de santé du territoire rencontrent des difficultés dans la gestion des transports sanitaires c’est-à-dire les déplacements des patients entre leur lieu de vie et l’institution de santé voire même entre deux institutions de santé. Auparavant assurés par des bénévoles des mutualités, ces déplacements doivent maintenant être pris en charge par les hôpitaux qui se voient contraints d’affréter des ambulances. La gestion de cette mobilité à l’échelle de la Wallonie picarde contribuerait à soulager les hôpitaux.

2. La formation
L’accroissement des mesures d’hygiène implique de la part du personnel d’entretien une maîtrise accrue des techniques de désinfection et de nettoyage. Face à cette nécessité, les institutions de soins, comme les maisons de repos, peinent à trouver du personnel qualifié. Pour répondre à cette problématique, qui plus est porteuse d’emploi, la mise en place d’un bassin de recrutement et d’une filière de formation spécifique de technicien(ne)s de surface à l’échelle de la Wallonie picarde apparaissent comme des enjeux essentiels.

3. Les stocks stratégiques
La crise sanitaire actuelle met en évidence le manque de matériel de protection (masques, lunettes, blouses, bonnet ou gants). Or, les besoins de ce type de matériel resteront présents même en phase de déconfinement. Face aux failles constatées d’une stratégique basée uniquement sur une production extérieure, il semble plus que jamais pertinent de capitaliser sur le passé historique de l’industrie textile en Wallonie picarde pour parvenir à une production localisée de ce type d’équipement. Une stratégie qui, pour être pleinement efficace, devrait pouvoir s’appuyer sur une capacité de stockage et un plan efficace de distribution en cas de besoin.

La valorisation des circuits-courts : « Acheter Wapi, une idée de génie ! »
La période actuelle a vu les habitudes d’un grand nombre de consommateurs évoluer, ceux-ci délaissant les grandes surfaces au profit des producteurs locaux. Une tendance que tous espèrent voir se maintenir dans le futur puisqu’il ne fait aucun doute que les produits locaux joueront un rôle prépondérant dans la relance économique régionale. Au-delà de l’aspect économique, le soutien à ce secteur d’activités apparaît stratégique et structurant pour le territoire, sans parler des multiples bénéfices collatéraux comme la réduction de l’empreinte carbone, l’attractivité du territoire, l’emploi, la santé…
Ce projet, qui en est au stade de la réflexion, pourrait se reposer sur la fédération des initiatives qui existent d’ores et déjà sur le territoire comme food’wapi by Entreprendre.Wapi, le réseau des acteurs du circuit court alimentaire en Wallonie picarde, les marchés du terroir, le « Slow Food », les Wapi brasseurs… et déboucher, pourquoi pas, sur la mise en place d’une plateforme logistique. L’idée est en tout cas à creuser.

La promotion du tourisme Wapi
Il est évident que la crise sanitaire actuelle et le côté progressif et maîtrisé du déconfinement vont obliger les Wallons picards, comme tous les citoyens, à revoir leurs projets de vacances. Là où beaucoup risquent d’être déçus, les forces vives et politiques de la Wallonie picarde y voient au contraire une véritable opportunité. Avec ses nombreuses attractions touristiques et culturelles, son patrimoine exceptionnel, ses petits bouts de nature préservée, la Wallonie picarde a un formidable potentiel touristique. Déjà amorcée par la Maison du Tourisme de la Wallonie picarde avec son opération « #CetEteJeVisiteLaWapi » qui se matérialise par le lancement de bons d’achat pour les attractions Wapi, la promotion du tourisme est un atout majeur à renforcer pour donner l’envie aux Wallons picards de (re)découvrir leur belle région.

Le soutien au monde culturel et pas que…
L’annulation des évènements culturels depuis la mi-mars et l’interdiction des évènements de masse jusqu’au 31 août plongent le monde culturel dans une grande souffrance. Si les acteurs du secteur comprennent la nécessité des mesures prises, ils attendent des compensations de la part de la Fédération Wallonie-Bruxelles. A son niveau, la Wallonie picarde peut apporter sa pierre à l’édifice par le biais de la Fondation Lemay. En septembre prochain près de 200.000 euros seront débloqués dans le cadre d’un appel à projets pour soutenir la culture.
Outre la culture, cette volonté d’agir pour soutenir la relance économique de la Wallonie picarde s’étend à l’ensemble des secteurs impactés par la crise du Covid-19. Parmi les pistes évoquées figure la création d’une fondation alimentée par le privé qui pourrait aider les entreprises et les petits commerces les plus durement touchés.

La fonction publique, un secteur à ne pas oublier
Invité pour l’occasion par la Conférence des Bourgmestres et élus territoriaux, Pascal Douliez, Secrétaire régional CGSP-Admi, a tenu à sensibiliser les élus sur la nécessité de réunir les forces pour faire en sorte que la reprises des activités se déroule dans les meilleures conditions possibles pour les membres du personnel. Craignant que certaines communes ne soient dépassées, il plaide pour la mise en œuvre d’un plan stratégique commun de déconfinement à l’échelle de la Wallonie picarde. L’objectif ? Fixer un cadre directeur sur lequel l’ensemble des administrations communales et CPAS pourraient s’appuyer. Un appel entendu par les participants qui ont marqué un réel intérêt pour cette proposition.

La mobilisation des forces vives et politiques et la réflexion commune autour des mesures concrètes à mettre en œuvre pour l’après-confinement - une éventuelle fusion des zones de police du territoire a d’ailleurs été évoquée - laissent entrevoir une nouvelle avancée dans la mise en place d’une véritable gouvernance à l’échelle de la Wallonie picarde. Face à l’ampleur de la crise et de ses conséquences, il apparaît plus que jamais évident que les individualités communales doivent laisser place à une gestion concertée à l’échelle des 23 communes pour répondre aux besoins de l’ensemble des habitants du territoire. Vient alors l’épineuse question des moyens humains et financiers sans lesquels la mise en place d’un outil de gouvernance commun apparaît difficilement envisageable.

 

Date de publication: 27/04/2020